Sombre Clair

Que ce soit Picasso, Dali, ou encore les innombrables caricaturistes de Montmartre, tous ceux qui frôlent le 18e arrondissement de Paris ont une chose en commun : leur singularité. Yaya D ne fait pas exception à la règle, un flow à l’américaine, des visuels travaillés et de récentes grosses collaborations musicales. Focus sur celui qui va, à coup sûr, continuer de marquer le paysage rap en 2026.

La East Coast à Paris

Celui qui a grandi dans le folklore, et l’animosité du Nord parisien débute la musique sous un angle d’attaque purement inspiré de l’Outre-Atlantique. Ses débuts, de manière sérieuse et professionnelle, sont symbolisés par la sortie de l’EP Rudeboi YA, qui émerge sur les plateformes à la fin de l’année 2017.

La musique de Yaya D trouve dès lors un public. D’abord cantonné au Nord de la capitale, son talent gagne vite la province, et lui permet de s’exporter de son 18e natal. Cette manière nonchalante de poser sur des instrumentales tout droit sorties d’un Mac localisé entre la Floride et le Queens, séduit.

On peut vite ressentir le potentiel du jeune artiste parisien, notamment dans son intention et son grain de voix juvénile, quelque peu novateur pour l’époque. Couplé à des lyrics totalement dans la mouvance de l’époque, on peut observer un jonglage entre les trends du rap US du moment : la culture hypebeast et la drogue (comme souvent), sur fond d’égotrip pas encore maîtrisé. Ses backs, et ses gimmicks ajoutent un côté dansant, presque entêtant qui fera sa force par la suite.

2018 s’annonce productif pour Yaya D puisqu’il signe sa deuxième sortie, et son premier album avec City Boi. Un 7 titres qui poursuit les codes de l’EP précédent. On peut remarquer l’existence d’un élément novateur, et pas des moindres, avec la présence de Apher sur toutes les prods du projet. C’est ici que débute officiellement la collaboration entre les deux artistes.

Le son « Revenus » permet d’ailleurs à Yaya D de gagner en popularité, puisque c’est un son qui sera relayé sur les réseaux sociaux par la suite. Partagé au sein d’une sphère restreinte certes, mais qui marque le début et laisse entrevoir un avenir plus que prometteur pour le rappeur.

Le calme avant la tempête

Une période d’absence, qui aura duré presque 1 an et demi. Durant ce silence, rien. Depuis la sortie de M.O.S, le deuxième album de Yaya D sorti fin 2019 et passé sous les radars, rien.

Mais en mars 2021, le Parisien revient, et quoi de mieux qu’un deuxième volume de City Boi (City Boi 2) pour rompre la longue attente de sa « jeune » fan base. Le niveau affiché est invraisemblable.

Comment l’artiste a pu, à ce point, gagner en qualité, tout en conservant son essence qui faisait de lui un artiste à part ?

Un projet complet. Tant dans le mix, les prods ou bien les flows. Yaya D est métamorphosé et commence sérieusement à proposer de la musique de qualité. Comme s’il savait que cette année 2021 serait un tournant dans sa carrière, et qu’il avait, par conséquent, pris la musique au sérieux.

Sur City Boi 2, on retrouve de belles têtes émergentes de l’industrie qui lui permettent de créer une alchimie novatrice sur certaines tracks, le tout saupoudré de la recette magique propre à Apher. On pourrait citer les feats avec MITCH ou encore Cashmire.

Tout s’enchaîne ensuite avec vitesse et logique pour notre protagoniste. Il dévoile single sur single et chacun apporte sa pierre à l’édifice. À l’écoute, on sent que l’artiste a vraiment trouvé son créneau, et qu’avec encore un peu de maturité, il peut développer une direction artistique encore rarement égalée.

Le Mauvais Film s’appellerait-il ANSTZ ?

En 2023, soit 2 ans après City Boi 2 l’attente est grandissante. L’artiste a prouvé qu’il savait faire du rap, qu’il avait une idée précise du cap qu’il souhaitait suivre. Mais maintenant, il faut se développer, il faut faire entendre sa musique et la faire valoir. C’est ce qu’il va très bien faire avec Mauvais Film.

Regrets, amour et peine sont dépeints sur un 7 titres, qui suit une ligne directrice assez minimaliste : la « simple » vie d’un jeune Parisien. Des thèmes dépeint avec sa voix mélodique devenue signature, le tout sur les joyaux de différents talentueux producers.

Une fan base de plus en plus solide, et des attentes élevées sont alors placées sur Yaya D. Un processus qui pousse l’artiste à annoncer, en mai 2024, la création et la sortie d’un nouveau projet « prochainement ».

Mais c’est après plus d’un an d’attente que les fans vont pouvoir écouter la confirmation du talent de leur « chouchou ». L’apothéose a un nom, et c’est ANSTZ.

Un album complet de 23 sons. Mêlant sonorités trap, ambiance cloud, tout en restant dans les gammes de l’artiste parisien. Honnêtement, c’est un projet que je me suis pris de plein fouet, mais sur le tard, au moment de l’explosion de son feat PLAYER avec JolaGreen23 sur les réseaux sociaux.

Du professionnalisme, de la bonne musique, des featurings cohérents et de qualité. C’est tout ce qu’on peut attendre d’un projet pour un rappeur qui finit son développement musical et artistique. J’apporterai un coup de cœur personnel sur les visuels de l’artiste, qui sont d’ailleurs, de plus en plus élaborés et qui s’accordent parfaitement avec son univers musical, de quoi sublimer le tout.

Un seul conseil : ne perdez pas une seconde avant d’aller écouter ANSTZ afin de vous plongez dans l’univers de Yaya D, ça vaut le détour !

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