Sombre Clair

Une apparition remarquée lors du DVM Show de Ashe 22 et un concert de qualité à la Java pour célébrer Halloween, les sorties de Cherry Pie se font rares, mais ne passent jamais inaperçues. Celui qui a été qualifié par beaucoup comme « le Futur Ademo », s’impose petit à petit comme une étoile montante. L’artiste parisien le sait, et cela témoigne bien de sa détermination à atteindre le haut du panier : « Cherry Pie t’as un flow de bâtard, le train il va passer, plus d’place dans le Drakkar ». Alors prenez vos billets afin d’éviter l’amende SNCF, IGREK vous emmène découvrir l’univers tant énigmatique que fascinant de Cherry Pie.

Étapes par étapes

A l’image de son premier « projet » solo, l’ascension de notre protagoniste se fait pas à pas. Elle débute réellement à partir du mois de juin 2024, où Cherry Pie va nous signer un EP de 6 titres « Brique par brique« , symbolisant ici son envie de ne pas griller les étapes et de parfaire son style unique. A l’heure actuelle, ce projet n’est plus disponible sur les plateformes, mais pour les plus vifs et assidus d’entre vous qui avaient décelé le potentiel du jeune rappeur, ce projet offrait d’ors et déjà une vision, certes à parfaire, de l’étendue de son talent. On y retrouvait des flows et des sonorités jusqu’alors jamais réellement entendus dans ce registre et dans ce que l’artiste souhaite nous transmettre.

Une remise en question ? Une envie de laisser une trace purement professionnelle ? « Brique par brique » fait maintenant partie du passé. Mais reste un témoignage, et une référence de base pour se rendre compte de l’explosion du niveau de Cherry Pie en l’espace de 6 mois. Début 2025, il signe un très gros coup, en sortant « TANALAND« , un son qui lui permet d’enfin « sortir la tête de l’ombre » (malgré le fait que son personnage reste plus qu’énigmatique).

« Dans ma tête on est 3, Ronaldo, Benzema et Bale« , à l’instar de la BBC, Cherry Pie est conscient de son talent, conscient de sa polyvalence, conscient qu’il peut venir ajouter sa patte unique sur le rap français.

Et ce n’est que le début, en témoigne la suite de son année, qu’on peut qualifier comme « sans-fautes ». Un son par mois à partir de février, de quoi lui permettre de rester actif, de faire monter peu à peu l’attente d’un public, qui, au fur et à mesure devient de plus en plus nombreux. Et surtout, une manière de marquer le coup à chacune de ses sorties. Ce qui nous donne donc 9 sons depuis la sortie de « TANALAND« , et croyez-le ou non, rien n’est à mettre de côté.

Une cavale de 9 mois

On se retrouve 9 mois plus tard, soit le temps du processus de création d’un nourrisson dans la norme. Mais Cherry Pie, lui, est construit différemment, 9 mois c’est le laps qui lui aura permis de s’offrir une pôle position pour le titre de rookie de l’année. C’est ce qui lui aura fallu pour que certains adorateurs le comparent à un monument du rap français: Ademo. Mais c’est aussi ces 9 mois qui lui ont permis de pouvoir officialiser la sortie de « TITAN« , le 20 novembre, son premier album.

Et cette run, parlons-en ! De « DRAKKAR » à « BLIZZARD« , en passant par « GANG » ou encore « EXODIA« , Cherry Pie a apporté ce que beaucoup recherchaient: de la nouveauté, du panache, mais aussi de la spontanéité dans les lyrics et dans ses manières de poser.

« Qu’est ce qui va payer ? C’est ma différence« . Comme il le dit lui-même, l’artiste parisien est un O.V.N.I venu tout droit d’une autre planète. C’est ce qui, pour moi, lui permet d’avoir l’étoffe nécessaire pour pouvoir s’implanter pleinement dans le paysage rap en France. A titre de comparaison, c’est un artiste qui m’a fait l’effet de ce qu’on pourrait appeler le « retournement de veste inconscient », au même titre que PNL lorsque je les ai découverts, ou encore de manière plus récente, So La Lune. Ce sont des artistes qui divisent, qui apportent de nouvelles choses, mais qui, au final perdurent dans le temps.

Entre influences trap marquées, sonorités expérimentales à mi chemin avec d’autres genres musicaux, mais aussi un flow qui, je pense, témoigne d’une adolescence bousillée par les 4 projets de PNL. Cherry Pie a tout pour séduire. Certaines phases nous rappellent les flows crus d’Ademo sur QLF ou encore sur Le Monde Chico. De la sincérité, de la haine, et de la confiance.

À la hauteur des attentes

Avec « TITAN », en collaboration avec le producteur BBP, Cherry Pie est « venu comme un banlieusard » et selon ses dires, « je repartirai comme un roi« .

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une « première » entrée en matière plus que réussie pour Moussa. Un projet XXL, que ce soit dans les flows, dans l’égo-trip, et surtout dans le choix des prods. Cela s’explique en grande partie par la présence de BBP, le beatmaker à l’origine de bon nombre de classiques du rap français (notamment les succès de PNL).

Plus on avance dans le projet, plus on est surpris, plus l’univers de Cherry Pie nous transporte, et franchement, ça fait un bien fou. Cela faisait très longtemps qu’un projet, de quelque durée soit-il, ne m’avait pas procuré autant de surprises, et d’émotions positives lors de la première écoute. Et je doute que cela se ternisse avec le temps.

Les phases pseudos chantées sont vraiment percutantes, sublimées par sa voix qui monte dans les aigus, ainsi que l’alchimie incessante avec les prods tout au long du projet. De A à Z, Cherry Pie maîtrise son sujet, expose sa palette, et me doit une paire d’écouteurs (ces derniers ont commencé à brûler à partir de BEAUX-ARTS, pour finir par carboniser sur la fin du projet).

Les derniers mots de cet article seront les miens, et sont dédiés directement à l’artiste parisien : « Juste MERCI, Merci pour le R.A.P ».

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