Une boule noire sold-out samedi dernier, la première partie d’Infinit à la Cigale ou encore un projet commun avec Johnny Ola. OgLounis mène la belle vie. Dans un entretien pour Igrek, il nous parle de “Je brille quand même”, son dernier EP sorti le 25 septembre dernier. Ce sept titres résonne comme une balade où l’auditeur est perché sur l’épaule de Lounis. Ensemble on se promène dans Montpellier au son des prods boom bap de Johnny Ola. Entre confidences et réflexions, l’artiste originaire de Nîmes dépeint son environnement, ses proches et sa vision de la vie.
“Je brille quand même” ce n’est pas juste un énième EP d’ OgLounis. Il le dit lui même : “On a fait le projet avec Johnny sur une période d’un an et demi, sans prise de tête et c’est pour moi mon meilleur projet jusque ici. » Cette collaboration étroite avec Johnny Ola change la donne. En effet beaucoup de place sont laissées aux prods. Ce n’est pas simplement un EP où Lounis rappe sur les instrus de Johnny Ola mais bien un projet commun peaufiné de bout en bout par les deux artistes. J’aimerais d’ailleurs accentuer mon propos sur les transitions léchées qui donnent l’impression que l’ensemble n’est qu’un seul et même son. Renforçant l’idée que ce projet doit être écouté en entier, d’une traite, pour profiter pleinement du travail des deux protagonistes. Lorsqu’on lui demande comment l’idée d’un ep commun est venue OgLounis explique: « On a d’abord fait trois sons: Imagine le prix, Lasagne crabe et Tous ces chiens. Puis on s’est dit : pourquoi pas faire un EP au final ?” Les prémices débutent il y a environ un an et demi (c’est plus long que les mandats des 3 derniers premiers ministres réunis, je tiens à le préciser.) puis tout s’enchaîne naturellement dans une volonté d’ajouter des sons aux trois premiers afin de produire un projet cohérent où chaque track à une place bien définie. “Je trouve que le projet marche bien parce qu’avec Johnny on a fait ce qui nous plaisait. Cette esthétique boom bap / drumless, j’écoutais que ça ces derniers temps. On était vraiment imprégnés du truc.”

Dans la vie comme dans la musique, Lounis accorde une grande place à ses proches
“Je brille quand même” comporte deux feats. Le premier est Okis, un artiste lyonnais en place depuis quelques années déjà. Lorsqu’on lui demande comment la connexion s’est faite, Lounis évoque quelques messages échangés sur les réseaux, un couplet écrit en quelques jours et le tour était joué…
Sur le second feat nous retrouvons Ledouble (pas vraiment étonnant). On ne compte plus les collaborations entre les deux; cette fois c’est sur un domaine que l’artiste montpelliérain emprunte peu. Lounis le dit lui même: “Je voulais amener Ledouble sur ce terrain boom bap lente à 100%, et je savais qu’il allait tuer ça.” Un registre cohérent au vu de l’ensemble de l’EP mais qui m’as tout de même moins touché que leurs précédentes apparitions ensemble. Personnellement mes feats préférés entre les deux sont villa d’offset et F&F. Allez écouter !
Collaborer entre potes, uniquement pour se faire kiffer sans s’imposer de limites voilà la recette de tout ce crew du south. C’est la même recette sur tous les projets de ses membres. Je trouve même que cet esprit famille, bromance etc est uniquement caractéristique de ce groupe là et c’est sûrement la raison pour laquelle il est si attachant. En témoigne le Grünt 67, où les artistes cités précédemment ainsi que Jeune sachet, Daya, Maceo, Chavi et 3XMacono ont livré une prestation impeccable sur des classiques d’ Hologram Lo’. D’ailleurs l’expérience Grünt a marqué Lounis plus que je ne le pensais. En tant qu’auditeur fidèle dès les début, il a presque vécu ça comme un rêve éveillé.
OgLounis est-il plus fort que Zinédine Zidane ?
Vous l’aurez compris “Je brille quand même” rayonne par l’aisance technique d’ OgLounis sur chacune des prods de Johnny Ola. Je m’autoriserais presque à comparer Zinedine Zidane à OgLounis… Au-delà de la similarité capillaire, ils possèdent des qualités techniques grandioses dans leurs domaines respectifs. En allant plus loin je m’autoriserais même à dire que OgLounis est meilleur que Zinédine Zidane. Laissez moi illustrer mon propos, est ce que Lounis sait faire un tour du monde ? (je pense que oui) Est ce que Zidane a déjà sorti un son du niveau de “Sud Musik” ? (je pense que non). J’en conclus alors qu’ OgLounis > Zinédine Zidane…
Sud Musik c’est donc l’outro du projet. Elle résume parfaitement ce que j’ai évoqué au début du précédent paragraphe. La première partie du son sonne comme une ode au rap et à la musique en général, en témoigne cette phase: “j’suis en train de serrer hier j’ai samplé le bruit de mon dos quand je me penche sur le tec, H24 que je sample, c’est comme si j’ai un clavier qui marche seulement quand je le branche sur le pec.” Puis la deuxième partie l’auditeur se laisse bercer par la prod de Johnny Ola et c’est ainsi que se termine “Je brille quand même”.
Pour défendre ce projet quoi de mieux que de le faire sur scène ? Qui plus est dans l’une des salles emblématiques de Paris : La Boule Noire. Le 4 octobre dernier, le south (big sud, terre de rap) est monté sur la capitale pour performer devant un public fiévreux (impossible pour moi d’être présent ce soir là à cause de la SNCF et de ses prix ahurissants…) La place a néanmoins été rentabilisée pour les plus chanceux puisque Ledouble, Chavi, Deelee s ou encore Okis sont montés sur scène. Lounis a même ramené son pote Greg, celui avec qui il a commencé le rap, pour la première scène de sa vie. Révélant une nouvelle fois que, chez OgLounis, la musique est une histoire de passion, de connexions et de convictions.